Je n'ai qu'un goût très modéré pour la hiérarchie, et les choses administratives m'emmerdent. Et pourtant. Et pourtant, je pleure ce personnage de chef administratif, envolé dimanche dernier à l'occasion d'une ultime accolade avec la secrétaire brune. Oh ! on n'avait pas grand chose en commun tous les deux. Mais voilà, avec le temps un peu, avec le travail surtout, naissent une amitié et une complicité. Le comédien est un marionnettiste, ou mieux : un peintre. Le personnage ne se laisse jamais vraiment découvrir, mais par petites touches successives, l'acteur finit par en construire une image dans laquelle il se glisse.
Et on finit véritablement par s'y attacher, à nos personnages. Aussi, j'eus de la peine quand le chef administratif et ses accolytes finirent par s'évaporer à l'isssue de nos deux représentations, en me réjouissant néanmoins de les avoir un peu connus. Ah, que de temps passé sur cette terrasse et sa vue imprenable du haut des 49 étages, soit 49*3.50= 170,50... non 171,50 mètres pardon, même si on n'est pas un mètre près, non bien sûr. Ben oui, j'étais bien là haut. Je m'y sens bien. Que de clopes fumées en compagnie du programmeur, un peu coincé certes, mais pas méchant pour un sou. Et ma chère tête blonde dans la cinquième scène ! Je n'étais pas toujours tendre avec elle, mais elle savait parfaitement que je l'aimais bien, sinon pourquoi lui avoir offert cette robe en soie ? Puis, malgré ma complicité-rivalité avec cet animal de directrice - un sacré caractère aussi, celle-là - je ne sus capturer l'étrange oiseau de secrétaire châtain pour l'enrôler dans notre nouvelle entreprise pour un travail limité, certes, mais profondément captivant. Quant à cette pile électrique, le petit coursier danseur... un marrant, lui ! Il finit comme tous les Don Juan - avec la corde au cou - mais elle le branchait tellement, cette rousse tapée qui entend des voix. Le Don Juan avec sa Jeanne d'Arc, en quelque sorte. Et puis, et puis... dans ce monde un peu détraqué, il était écrit que je ne m'en sortirais pas indemne. Sans ma fille, je me retrouve à terre. Sans bouger. Un radis. Puisse la secrétaire brune - cette personne normale, naïve et touchante - venir avec moi, je ne sais pas pourquoi, mais venir avec moi.
Bonne chance à vous tous, mes amis programmeur, secrétaires, coursier et directrice. Et merci de nous avoir accompagnés tout au long de cette année à nouveau exaltante. C'était un réel plaisir que de vous avoir animés. J'espère vous revoir très bientôt, qui sait.
J'aime l'idée de savoir que je serai toujours le chef administratif. À jamais radis. Tout comme je demeure Riccardo degli Arcolai, gentilhomme des Abruzzes. Quand ce n'est pas ce rustre de Maurizio qui s'éveille en moi. Cette ribambelle n'est pas près de s'arrêter ! Petit à petit, la palette de personnages s'étoffe, et c'est l'image de soi-même qui en émerge.


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