samedi 30 août 2008

William A. Blanc ou l'Esprit Suisse

Ça a déjà du vous arriver. Enfin, ce qui est sûr, c'est que ça m'est arrivé, à moi. Un matin, j'allais au boulot (alors, ça vous est arrivé ? attendez voir un peu...). Alors que je m'apprête à monter dans ma voiture, je me rends compte que mon rétroviseur est cassé. Enfin, pas franchement foutu, la protection en plastique s'est juste déboîtée, et - miracle ! - je sais même comment la remettre en place. Ce que je fais sur le champ. Après avoir blasphémé un petit peu, histoire de me défouler et puis ben parce que je crois que c'est ce que les gens font quand ils réalisent que quelqu'un a bousillé leur rétro sans laisser de traces, je monte pour de bon dans la voiture, je vais au travail, et j'oublie complètement cet incident insignifiant de la (de ma) vie, je reconnais. Qui a sûrement du vous arriver à vous aussi.

L'Acte II intervient environ 15 jours plus tard. Lieu: mon immeuble. Ma boîte aux lettres pour être précis. Une petite enveloppe. Dessus, mon nom, mon adresse. Aucun doute, elle m'est bien destinée. Et elle est manuscrite. Bizarre. Je l'ouvre et voici la lettre que je trouve à l'intérieur:

Cher Monsieur,

en évitant un scooter, mon rétroviseur droit a heurté le miroir gauche de la VW Polo 626995. J'ai obtenu, non sans effort, votre nom. Mon assurance [...] vous dédommagera et doit vous écrire d'ici peu. [...] Je suis désolé de ce fâcheux incident que j'ai moi-même subi deux fois - et sans avoir de nouvelles du fautif !

Avec mes salutations distinguées,
William A. Blanc
GE20539
Maintenant, franchement, est-ce que ça vous est déjà arrivé ? J'en doute. Parce que William A. Blanc est - malheureusement - un animal rare. Qui a réussi à obtenir mon identité à partir de ma plaque minéralogique, qui m'a écrit la lettre ci-dessus, et qui a immédiatement contacté son assurance afin que je me fasse rembourser (ce qui n'arrivera pas, d'ailleurs, vu qu'il n'y avait pas grand chose à réparer). Et pour les curieux, cyniques ou sceptiques, j'ai bien reçu ladite lettre de son assurance. Pourquoi bon Dieu a-t'il fait tout ça ? Sans doute qu'il ne s'est pas lui-même posé cette question. C'était tout simplement naturel. Mais William, regarde les choses en face, c'est tout sauf naturel. Dans la mesure où 99.9% de la population se serait volatilisée sans donner signe de vie. Tu connais le dicton, pas vu, pas pris.

C'est souvent très marrant de se moquer des suisses. Ça m'arrive d'ailleurs de temps à autre. Leur rigidité et leur sévérité peuvent parfois être franchement pénibles. Mais s'il y a une chose que j'apprécie chez eux, c'est leur honnêteté. Bien sûr que c'est un cliché. Bien sûr que c'est sans doute pas tellement vrai. Mais vraiment, j'ai beaucoup d'exemples en tête qui me font penser que, oui, les suisses sont, intrinsèquement, honnêtes. Le dernier exemple en date remonte à pas plus tard qu'hier après-midi, quand des amis du CERN m'ont appris l'existence d'une boulangerie près de Lausanne, sans aucun... vendeur (!): vous y allez, vous prenez votre pain, et vous laissez l'argent. Et puis si vous n'avez pas d'argent sur vous, pas de panique, laissez votre nom sur un bout de papier, et vous paierez le double la prochaine fois ! Je vous laisse imaginer cette même boulangerie en France, ou dans n'importe quel autre pays d'ailleurs...

Je voulais simplement te dire merci, William, d'avoir touché mon rétro et tout ça. Ça fait du bien de savoir qu'il y a des personnes comme toi. Et vous, mes chers lecteurs, si jamais vous deviez abimer un rétroviseur, merci de laisser votre numéro de téléphone. On sait jamais, ça pourrait bien être la voiture de mon copain suisse, William A. Blanc.

vendredi 29 août 2008

Wilson au milieu de la nuit

La note d'aujourd'hui aurait du être écrite il y a en fait pas mal de temps. J'allais dire il y a quelques mois, mais une vérification rapide sur Wikipedia me dit que c'était plutôt il y a plus de 2 ans, en janvier 2006. Ouais, le temps passe vite.

Si vous me connaissez (même un tout petit peu), vous savez bien que je ne suis pas, comment dire, super-sportif. Je me force bien de temps à autre, mais pour être tout à fait honnête, le sport n'est pas l'amour de ma vie. Même si j'en fais plus que je n'en ai fait. Bref. L'autre jour, alors que je faisais un petit jogging à côté de chez moi, je suis tombé sur la chanson. La chanson. Celle qui m'a fait oublier , ne serait-ce qu'un instant, que j'étais en train de ressembler à une écrevisse tournant en boucle autour d'un parc. C'est une chanson que je n'avais pas entendue depuis un bon moment, même si elle a toujours fait partie de mes préférées. Laquelle ? In the Midnight Hour, interpétée (et co-écrite) par Wilson Pickett, un des grands bonhommes de la soul music. Malheureusement, Wilson est mort récemment, en 2006 donc. Mais grâce à la fois à cette chanson géniale et à mon iPod, j'oubliai tout - les boucles, l'écrevisse et tout ça - pour profiter de 2:33 de pur bonheur. Lord have mercy.

Histoire de partager un peu le butin, voici une version live en Afrique dans les années 70. Regardez attentivement au début de la vidéo (23ème seconde), même le flic est carrément en transes. Et nous tous avec lui.

samedi 23 août 2008

Madonna 50s

Je viens d'entendre à la radio cette version hilarante, très années 50, du célébrissime Like a Virgin de Madonna. On doit ce moment d'anthologie à Big Daddy, un groupe de Los Angeles des années 80. Je vous recommande tout aussi chaudement leur version de Money for Nothing de Dire Straits.



Maintenant, je dois vous laisser: je monte dans ma Cadillac rose pour aller manger un burger dégoulinant dans ce diner de Miami Beach...

vendredi 15 août 2008

Objectif bikini !

Croyez –moi ou pas, voici ce que je lis tous les matins : Objectif Bikini. En général peu de temps après m’être levé. Dans la cuisine, sans doute. J’y suis : cette phrase, qui aurait tout aussi bien pu être tirée du dernier James Bond, est en fait imprimée sur ma boîte de céréales Kellog's Special K (aux fruits rouges). Elles sont pas mauvaises d’ailleurs, ces céréales, pas mal de goût. Par contre, je ne suis pas sûr de pouvoir les déguster encore bien longtemps, étant donné que ce produit ne m’est évidemment pas destiné. Uniquement aux femmes, et encore, celles dont le principal souci est bien entendu d’être la plus fine possible cet été. Ou aux hommes portant des bikinis et partageant la même inquiétude, ce qui n’est pas mon cas non plus. Enfin, même pas sûr que ces hommes aient le droit à la consommation suprême : au dos de l’emballage est écrit cette sentence sublime et définitive : Allez les filles, on commence. Je suis vraiment surpris que Kellog’s se prive délibérément de la moitié de sa clientèle potentielle. La faute sans doute à quelque stratégie de marketing qui me passe bien au-dessus de la tête. Comme on a l’habitude de dire en physique des particules, la parité est violée. Et tant que la parité entre hommes et femmes continuera d’être violée sur une boîte de céréales, je vois mal comment il pourrait en être autrement dans d’autres domaines.

Je continue de manger les Special K. Mais, promis, je vous préviens si jamais un jour j’essayais un petit bikini seyant. On sait jamais, avec des céréales pareilles !

samedi 2 août 2008

Le Club des Cinq

Je suis dans la merde. Noire. Enfin, n'exagérons rien. C'est juste que ma petite soeur, Roxane, m'a donné une super idée après avoir reçu ma carte postale de mes vacances en Floride (pour une fois que j'en envoie !). Sans doute très inspiré par ma visite de la NASA à Cap Canaveral, je lui ai écrit que "j'aurais tellement aimé être Neil Armstrong". Du coup la voilà qui me demande qui serait dans mon Top 5. Sujet idéal pour un blog. Sauf que c'est dur. Très dur.

Ça y est, j'ai les 5 noms. Merci de ne pas les lire maintenant, c'est de la triche (oui, je sais, c'est trop tard). En fait, pour la plupart d'entre eux, je connais très peu leur vie. Et sans nul doute je n'aurais pas "aimé être" eux. Mais ces personnes ont fait quelque chose d'incroyable, quelque chose de si extraordinaire que je les mets dans mon Club des Cinq. Après ce long préambule, commençons !

Le premier de la liste est le plus facile à trouver, le plus évident. C'est Neil Armstrong qui est en haut de l'affiche. Neil, je t'adore !!! (et bon anniversaire, avec quelques jours d'avance) La Lune. Ce mec a été sur la lune il y a presque 40 ans, et j'ai encore du mal à le croire. "Houston, Tranquility Base here. The Eagle has landed." Ouais. Facile. Avec tout mon respect, c'est pas un petit pas pour l'homme, Neil, tu es trop modeste. Bien sûr, il était pas tout seul, et j'admire aussi les 11 autres chanceux à avoir gambadé la-haut (et plus généralement tous les hommes et femmes à avoir été dans l'espace). Mais bon, Amstrong est LE symbole par excellence. Le premier. Imaginez une seconde ce que ça doit être. J'en ai la chair de poule. Allez, assez sur Neil. Bravo, et merci. Ah, juste un regret: je n'étais pas né en 1969. Une chose est sûre, je n'aurais pas beaucoup dormi une nuit d'été de Juillet. Et j'envie ceux qui étaient devant leur poste de télé.


Les autres personnages (plus que des personnes, ce sont des personnages) ont été beaucoup plus difficiles à choisir. Pour chacun d'entre eux, je pourrais citer pas mal de monde ayant connu des réussites similaires. Mais arrêtons de nous prendre trop au sérieux à propos de cette liste, après tout c'est pas plus honorifique que... d'être cité dans ce blog, c'est pas non plus le Panthéon. Et comme vous l'avez déjà remarqué, bande de tricheurs, ils sont tous morts.

Dans la série "Le premier à", je pense que j'aurais apprécié être Christophe Colomb. Après tout, il y a une certaine ressemblance avec l'Homme sur la Lune. Et quand on y pense, c'est marrant de penser que Colomb n'était pas bien loin de Cap Canaveral quand il a découvert l'Amérique ! Bien sûr, il peut paraître un peu controversé de choisir Colomb parmi les très grands, à cause de ce qui a suivi la découverte de l'Amérique. Mais je m'en fiche: il a voyagé, il voulait découvrir de nouveaux territoires et, honnêtement, je crois qu'il y est parvenu.

J'aurais certainement été très, très heureux d'être le premier sur le toit du monde, à conquérir l'Everest. J'ai déjà eu l'occasion de vous raconter toute l'admiration que j'ai pour Sir Edmund Hillary et Sherpa Tenzing dans cette note. Deux grands hommes, mais avec votre indulgence, ils ne comptent que pour une personne dans ce hit-parade. Bien joué les mecs. Et continuons la liste des courses.

À cause de mon boulot, je me devais de choisir un(e) scientifique. Problème: lequelle, laquelle ? Impossible de répondre. J'ai hésité longtemps entre plusieurs personnes - vous imaginez un peu à quel point je prends mon blog au sérieux ?! - mais après, c'est le but de jeu d'avoir du mal à choisir. C'est finalement sans surprise que j'en suis arrivé à ce nom: Albert Einstein. Pourquoi lui ? Ah, j'en sais rien ! Il n'y a pas que la physique en sciences, et j'étais tenté pendant un bon moment de mettre Charles Darwin à la place. Pauvre Charles, il en aurait pourtant bien besoin par les temps qui courent... Même dans le microcosme de la physique, mais je suis sans doute biaisé, il y a tellement de personnes qui me viennent à l'esprit ! Qu'est-ce que vous dites d'Isaac Newton, bien sûr, ou cette jeune femme dans un monde machiste, Marie Skłodowska Curie, qui a quand même remporté deux prix Nobel ? Mais regardons les choses en face, Einstein est un tel symbole ! Pas la peine de plus de circonvolutions: Albert, t'es dans ma liste, bienvenue a bord.

Le dernier est probablement le moins célèbre de tous: Jesse Owens, le coureur noir Américain qui a remporté quatre médailles d'or aux Jeux Olympiques de 1936 à Berlin, ce qui a tout de même eu le mérite de rendre Hitler fou de rage, qui a du quitter le stade précipitamment en refusant de serrer la main du vainqueur. Je suis fasciné par les grand(e)s sportif(ve)s, peut-être parce que je ne suis pas super sportif moi-même. De tous les sports, l'athlétisme est sans le doute la plus simple et la plus belle des disciplines. Du coup, je n'avais plus que deux hommes sur les bras, si je puis dire: Jesse Owens et Carl Lewis. J'ai regardé les JO de 1984 à Los Angeles (j'étais aux États-Unis cet été-là), je me souviens de Séoul 1988 et sa deuxième place derrière Ben Johnson, par la suite disqualifié pour dopage. Et Barcelone. Et Atlanta. Carl Lewis est bien évidemment le plus grand de tous les temps, mais rien ne pourra jamais valoir la course historique de Jesse Owens.


Voilà Roxane, j'ai fait mon choix. C'est ça, mon Club des Cinq. Je suis surpris qu'il n'y ait pas d'hommes ou femmes politiques (Martin Luther King, Gandhi, ...), ni d'écrivains ou d'artistes, et je suis aussi un peu déçu que ma liste soit exclusivement masculine. Mais ce qui est sûr, c'est que j'aurais aimé être ces personnes.

Et surtout, au sommet de mon Panthéon personnel, j'aurais tellement aimé être Neil Armstrong.

Won in translation

C'est pathétique, depuis que j'ai commencé mon blog http://dietquark.blogspot.com je suis systématiquement à la recherche de quelques âmes charitables pour bien vouloir lire mes divagations. Avec assez peu de succès jusqu'à maintenant, il faut bien dire. Mais enfin, heureusement, ça ne m'empêche pas de continuer. Ni de dormir.

Mon blog dietquark est en anglais. Approximativement. À la fois par défi, et puis - naïvement - par la volonté d'être lu par plus de monde étant donné que j'ai pas mal d'amis et collègues qui ne sont pas francophones. Une autre raison aussi: je pense être plus indulgent envers mon anglais qu'envers mon français. Disons que je me rends plus facilement compte qu'un texte est mal écrit dans ma langue maternelle. Alors que 3 mots consécutifs en anglais et, wow my blog rocks, you see. Oui mais voilà, lire en anglais, c'est un peu rebutant (sauf si on est anglophone, vous me suivez) pour pas dire franchement chiant.

Bref j'ai décidé de suivre le conseil de mon amie Éléonore: "ben pourquoi tu ferais pas un blog bilingue ?". Qui dit bilingue dit (presque) deux fois plus de travail, mais après tout ça m'amuse. N'attendez pas une traduction littérale de http://dietquark.blogspot.com, mais plutôt une simili-VF. Après tout, c'est pas du Shakespeare, ni du Hugo. Tous les futurs posts (y a un mot français d'ailleurs, pour post ?) seront sur publiés sur les deux sites et, si j'ai le courage, je traduirai de temps à autre un ancien post qui m'a particulièrement plu.

Voilà, longue vie à ce régime de quark, analogue franchouillard de dietquark. Et maintenant, bon courage à vous, la propagande ne fait que commencer !!!